Gian-Battista Lombardo oriente son travail de créateur autour de l’inconscient, des souvenirs palpables ou enfouis dans les couches de la mémoire de l’humanité. Comme pour éclairer des bribes de vestiges latents dans la mémoire de chacun d’entre nous.
Les brasures précieuses à l’argent imaginées pars Julien Chivas répondent aux grondements froids et silencieux du gisant en béton. Les lumières solaires des peintures apaisent les ombres poussiereuses des tas de sable
Naissance, premiers cris, enfance, premières joies et premières douleurs font partie de nous, marquent nos esprits et parfois même nos corps
La réalisation de cette exposition serait l’aboutissement d’un travail de collaboration autour d’un même projet entrepris par les deux artistes depuis plus d’un an.
Nous avons la volonté d’investir cet écrin qu’est l’église des Cordeliers en proposant au spectateur une immersion sensorielle, en activant un etat de présence de l’inconscient, en évoquant son rapport avec ses propres souvenirs
L’exposition Refuge se matérialise par un cheminement à travers l’espace et les différentes matières métaphorisant certains des éléments naturels, comme un souvenir d’une alchimie incertaine.

Le spectateur déambule dans la nef de l’église, entouré de grandes et petites peintures evoquant la trace encore latente du presque-rêve. Il se laisse perdre, porté par le bouillonnement des sujets qui l’entourent.
La route se poursuit au détour de cinq reliquaires montés sur socle ensevelis dans un tas de sable et portés à hauteur d’homme
Ces reliquaires, façonnés en laiton et argent, se voient offrir la mission de conserver des moulages de parties du corps. Non pas enfermés, ces objets sont posés, en attente d’une délivrance présente ou future. Symbolisant l’enfermement à des moments de nos vies dans des cases sociétales, vues comme sacrées et glorifiées
Ces moulages, placés en enfilade sur toute la longueur du batiment, dirigent le visiteur vers le cœur de l’église. A cet endroit se trouve un corps moulé, un gisant en béton posé sur une fine couche de sable faisant office de catafalque érodé.
Le sable traduit de manière physique le temps qui passe, l’écroulement de toute chose, l’impuissance de lHomme face a la marche effrénée de la temporalité. Le temps a passé, ne restent que les souvenirs. Ces marques en chacun de nous qui quelquefois s’en vont puis reviennent comme pour mieux nous signifier leur éternité. 

Église des cordeliers, Avignon, du 3 novembre au 4 décembre 2024, exposition conjointe avec Julien Chivas.

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